Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
C’est un plaisir de se retrouver ce soir au sein de ce conseil après ces quelques semaines écoulées.
Ce soir, cela fait exactement 76 jours que vous êtes arrivés aux responsabilités. Et je vous propose de faire un premier état des lieux vu par une minorité municipal.
Alors je vous entends déjà dire, 76 jours, ça ne fait pas un mandat et c’est vrai vous avez entièrement raison.
Mais 76 jours, c’est déjà suffisamment long pour commencer à vérifier si l’intelligence collective, l’écoute, le dialogue, la concertation et le partage étaient une méthode de gouvernance… ou simplement des slogans de campagne.
Pour cela, je vous propose de prendre trois exemples concrets depuis le 20 mars dernier.
Premier exemple : le choix du nom du futur groupe scolaire.
J’ai vérifié mes mails, mes sms, mes appels. Je vous confirme, je n’ai rien reçu. Aucune consultation. Aucun échange. Pas même un modeste : « Qu’en pensez-vous ? »
Comme j’ai tendance à voir les choses positivment, je laisse le bénéfice du doute et je me dis que cela relève sans doute d’un simple oubli.
Deuxième exemple : le règlement intérieur que nous examinerons tout à l’heure.
C’est tout simplement LE TEXTE qui fixe les règles de fonctionnement démocratique de notre conseil municipal.
S’il existait un sujet sur lequel le dialogue et la concertation avaient vocation à s’exercer, c’était bien celui-là.
Et pourtant : aucun groupe de travail. Aucune concertation. Aucune association des groupes minoritaires.
Pour un texte qui est censé organiser le dialogue démocratique, il faut reconnaître une certaine forme d’ironie.
Troisième exemple et peut-être le plus frappant : l’incendie de l’école Jules Ferry.
Un événement majeur pour notre commune, pour les familles, pour les enseignants et pour toute la communauté éducative. Et bien évidemment avec toutes les répercussions que l’on connaît.
Et pourtant, depuis le 2 mai aucune information n’a été adressée à l’ensemble des élus.
C’est d’autant plus surprenant que l’article 21 du règlement intérieur actuellement en vigueur garantit explicitement aux élus un droit à l’information sur les affaires de la commune.
Plus surprenant encore dans cette affaire, nous avons appris par des élus de votre groupe que vous aviez proposé à des membres de la Fabrique Citoyenne Kerhorre, de participer aux opérations de nettoyage de l’établissement.
Alors, Monsieur le Maire, une réflexion me vient : si l’information a trouvé le chemin jusqu’aux membres d’une association proche de votre majorité, il n’aurait sans doute pas été insurmontable pour vous qu’elle parvienne également à tous les élus de la commune.
Mais poursuivons
Bien évidemment, trois exemples ne constituent pas une étude scientifique.
Mais trois exemples en 76 jours commencent à dessiner une forme de tendance.
Vous qui avez été dans l’opposition durant de nombreuses années, nous pensions sincèrement que cette expérience vous conduirait à faire autrement.
Alors rappelons-nous, cette petite phrase que vous avez prononcé Monsieur le Maire ici même le 20 mars. Une phrase qui, je l’avoue, nous avait plutôt rassurés à l’époque.
Je vous cite :
« On sera dans le dialogue, dans l’écoute et le partage. Tout le monde participera, même les personnes qui ne sont pas élues. »
Alors le dialogue, nous l’attendons toujours.
L’écoute, nous supposons qu’elle existe, mais elle semble fonctionner à sens unique.
Le partage… force est de constater qu’il s’arrête souvent juste avant les groupes minoritaires.
Et en ce qui concerne la participation, nous voyons maintenant de qui vous voulez parler.
Finalement, après 76 jours, nous découvrons que l’intelligence collective ressemble surtout à un exercice où tout le monde est invité… sauf les minorités.
Donc si je récapitule : les décisions continuent d’être élaborées dans un cercle restreint. Les échanges avec les groupes minoritaires demeurent limités voir inexistant et les pratiques que vous dénonciez hier dans l’opposition ressemblent étrangement à celles que vous mettez petit à petit en œuvre aujourd’hui.
Bref, les discours ont changé. Les visages ont changé. Mais les méthodes, elles, restent les mêmes.
Alors je les dis tout à l’heure je suis d’un naturel positif et je suis convaincu qu’un autre chemin est possible et qu’il est encore temps de le prendre. Celui du travail collaboratif.
Et à mon tour, je souhaiterai vous rappeler mes propos que j’avais tenu ici même le 20 mars dernier “ N’oublions jamais l’essentiel : si nous sommes ici aujourd’hui, ce n’est pas pour nous, mais pour les habitantes et les habitants du Relecq-Kerhuon.”
Je vous remercie,



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